17.07.2008

La rose, Ronsard et Françoise Hardy



podcast

 
Mon Amie la Rose

Françoise Hardy

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 Mignonne, allons voir si la rose

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautez laissé cheoir !

Ô vrayment marastre Nature,

Puis qu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez vostre jeunesse

Comme à ceste fleur la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.

Pierre de Ronsard

ëëë

 

01.05.2008

Ode du 1er jour de mai (Gounod/Passerat)

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podcast

Ode du premier jour de mai
Poésie de Jean Passerat (1534-1602)
Mélodie de Charles Gounod
cd

Laissons le lit et le sommeil,
Cette journée :
Pour nous l'aurore au front vermeil
Est déjà née.
Or que le ciel est le plus gai
En ce gracieux mois de mai,
Aimons, mignonne;
Contentons notre ardent désir :
En ce monde n'a du plaisir
Qui ne s'en donne.

Viens, belle, viens te promener
Dans ce bocage;
Entends les oiseaux jargonner
De leur ramage.
Mais écoute comme sur tous
Le rossignol est le plus doux,
Sans qu'il se lasse.
Oublions tout deuil, tout ennui
Pour nous réjouir comme lui :
Le temps se passe.

Laissons ce regret et ce pleur
A la vieillesse ;
Jeunes, il faut cueillir la fleur
De la jeunesse.
Or que le ciel est le plus gai,
En ce gracieux mois de mai,
Aimons, mignonne :
Contentons notre ardent désir :
En ce monde n'a du plaisir
Qui ne s'en donne

cd

Ceci est le 3ème couplet du poème qui n'apparaît pas dans la mélodie. 

Ce vieillard, contraire aux amants,
Des ailes porte,
Et, en fuyant, nos meilleurs ans
Bien loin emporte.
Quand ridée un jour tu seras,
Mélancolique, tu diras :
J'étais peu sage,
Qui n'usai point de la beauté
Que sitôt le temps a ôté
De mon visage.
--------
 Cela se ressemble beaucoup avec ce passage de l'Ode à Cassandre
 de Ronsard - Mignonne allons voir si la rose....
sans parler de Corneille que Brassens à si bien mis en musique - Marquise...

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté

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05.04.2008

Le lever (Gounod/Musset)

Bonne fin de semaine à tout le monde
Partez d'un pied alerte après avoir écouté cette mélodie galopante
podcast
Le Lever
poésie d’Alfred de Musset
Mélodie de Charles Gounod

Assez dormir ma belle
Ta cavale Isabelle
Hennit sous tes balcons
Vois les piqueurs alertes
Et sur leurs manches vertes
Les pieds noirs des faucons
Vois écuyers et pages
En galants équipages
Sans rochet ni pourpoint
Têtes chaperonnées
Trainer les haquenées
Leur arbalète au poing (bis)
- :-
Vois bondir dans les herbes
Les lévriers superbes
Les chiens trapus crier
En chasse, et chasse heureuse !
Allons mon amoureuse
Le pied dans l’étrier !
Oh ! sur ton front qui penche
J’aime à voir ta main blanche
Peigner tes cheveux noirs
Beaux cheveux qu’on rassemble
Le matin et qu’ensemble
Nous défaisons les soirs (bis)
- :-
Allons mon intrépide
Ta cavale rapide
Frappe du pied le sol
Et ton bouffon balance
Comme un soldat sa lance
Son joyeux parasol
Mets ton écharpe blonde
Sur ton épaule ronde
Sur ton corsage d’or
Et je vais ma charmante
T’emporter dans ta mante
Comme un enfant qui dort (bis)

28.03.2008

Correction - Fauré-V.Hugo, duo - Pour Framboisine

Cliquer sur le rond gris
 
podcast

Framboisine, tu n'as pas pu entendre le duo puisque je n'avais pas mis un fichier correct. Je viens de réparer mon erreur et cela doit aller aux petits oignons. Bonne écoute. Merci de ton passage. Si tu es intéressée, j'ai d'autres chants de Fauré sur des poèmes de divers auteurs.
Bonne Journée.

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  Puisqu’ici-bas toute âme…
Poésie de Victor Hugo
Musique de Gabriel Fauré, op.10


Puisqu’ici-bas toute âme
Donne à quelqu’un
Sa musique ou sa flamme,
ou son parfum.
Puisqu’ici toute chose
 donne toujours
Son épine ou sa rose
à ses amours
Puisqu’avril donne aux chênes
un bruit charmant
Que la nuit donne aux peines
l’oubli dormant
Puisque lorsqu’elle arrive,
s’y reposer
L’onde amère à la rive,
donne un baiser
Je te donne à cette heure,
penché sur toi
La chose la meilleure
que j’ai en moi
Reçois donc ma pensée
triste d’ailleurs
Qui comme une rosée
t’arrive en pleurs !
Reçois mes vœux sans nombre,
ô mes amours,
Reçois la flamme ou l’ombre
de tous mes jours !
Mes transports pleins d’ivresses
purs de soupçons
Toutes les caresses
de mes chansons
Mon esprit qui sans voile
vogue au hasard
Et qui n’a pour étoile
que ton regard,
Reçois mon bien céleste
ô ma beauté !
Mon cœur dont rien ne reste,
Mon cœur
Mon cœur dont rien ne reste
l’amour ôté.

11.03.2008

Pour Framboise (complément)

 Bonsoir Françoise,

Ravie de savoir que vous connaissez ce gentil poème de V Hugo. Il m'est revenu quelques bribes des autres couplets.

Le 2ème commence ainsi : La maman qui doit s'y connaître, un jour devant le grand-papa, voulut à ce cher petit être faire épeler le mot dada.........Vous n'aurez pas de confitures - Bébé en voyant son grand-père qui restait là tout ébahi.............Moi, j't'apport'rai des confitures.-  Voilà la relation avec le poème. Peut-être un jour dans mes vieux cahiers je retrouverai les paroles, j'aimerais bien. Bonsoir. Capira

10.03.2008

Jeanne était au pain sec

Lorsque j'étais enfant, ma mère chantait "Les confitures". Cette chanson était tirée du poème ci-dessous de Victor Hugo. Il y avait 3 couplets, je n'ai gardé en mémoire que le premier et la dernière phrase du troisième, lorsque la petite fille dit à son grand-père - puni - "Moi, j't'apporterai des confitures". J'ai enregistré ce 1er couplet, vous verrez, c'est charmant.


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Jeanne était au pain sec
                 L’Art d’être grand-père

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Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,
Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,
J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture,
Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture
Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,
Repose le salut de la société,
S'indignèrent, et Jeanne a dit d'une voix douce
- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;
Je ne me ferai plus griffer par le minet. -
Mais on s'est récrié : - Cette enfant vous connaît ;
Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.
Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.
Pas de gouvernement possible. À chaque instant
L'ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;
Plus de règle. L'enfant n'a plus rien qui l'arrête.
Vous démolissez tout. - Et j'ai baissé la tête,
Et j'ai dit : - Je n'ai rien à répondre à cela,
J'ai tort. Oui, c'est avec ces indulgences-là
Qu'on a toujours conduit les peuples à leur perte.
Qu'on me mette au pain sec. - Vous le méritez, certes.
On vous y mettra. - Jeanne alors, dans son coin noir,
M'a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,
Pleins de l'autorité des douces créatures
- Eh bien, moi, je t'irai porter des confitures. 

                                                 Victor Hugo 
                            21 octobre 1876.